Évry-Grégy-sur-Yerres
Évry-Grégy-sur-Yerres
Entre deux villages réunis par l’histoire, Évry-Grégy-sur-Yerres dévoile châteaux discrets, rivière apaisante et destins oubliés, de Saint-Louis aux esthètes américains.
#AUX ORIGINES DE D’EVRY-GREGY-SUR-YERRES
La toponymie de la commune est le fruit d’une histoire à trois voix, celle d’Évry, de Grégy et de l’Yerre.
– Évry apparaît dès 1199 sous la forme « Everi », puis « Everiacum » en 1224, « Every en Brie » en 1384, avant de prendre le titre d’ « Évry-les-Châteaux » en 1701. Son étymologie reste incertaine : les plus anciens textes utilisent la forme « Everiacum » sans qu’on puisse en donner une explication pleinement satisfaisante. Selon l’historien Michel Roblin, le radical latin aper (sanglier), courant au Bas-Empire, pourrait en être à l’origine.
– Grégy, quant à lui, est attesté dès 1204 sous la forme « Gregi », puis « Gragiacum » en 1206, « Gregy en Brie » en 1668. Son suffixe « acum », d’origine gallo-romaine, indique vraisemblablement un ancien domaine ou propriété.
– L’Yerre, la rivière qui donne son complément au nom de la commune, s’appelait la rivière d’ « Erre » en 1384, puis « Edera » au 17e siècle. Son nom actuel a subi l’influence de l’ancien français « yerre », signifiant « lierre ».
Les habitants d’Évry-Grégy-sur-Yerres et ses hameaux (Grégy-sur-Yerres, Évry-les-Châteaux, Mardilly et Tremblesseaux).
Le blason d’Évry-Grégy-sur-Yerre, dont l’origine exacte reste floue, est écartelé d’or et d’argent, orné de lévriers rampants et de têtes de Maure, symbole de l’histoire locale et de la fusion des anciens villages.
#MÉMOIRE DU PASSÉ
> Évry et Grégy sont deux villages aux destins distincts que l’histoire a fini par réunir. Évry, mentionné dès le 12e siècle, relevait du château de Corbeil et non du seigneur de Brie voisin, une subtilité féodale qui lui valut une certaine autonomie.
> En 1572, le domaine seigneurial d’Évry fut partagé entre Jean le Charron et René de Villequier par lettres patentes de Charles IX, donnant naissance à deux seigneuries : « Évry-vers-Grégy » et « Évry-le-Plessis ». C’est de ce partage, et de la présence de plusieurs manoirs sur le territoire dès le 14e siècle, que serait né le surnom « les Châteaux », officiellement adopté en 1701 sous la forme « Évry-les-Châteaux ».
> Grégy, quant à lui, se développe sur un promontoire naturel entre la rivière Yerres et le ruisseau Cornillot. Son église Saint-Pierre, dont certaines parties remontent au 12e siècle, fut longtemps le cœur de la vie paroissiale locale.
> La commune a vécu au rythme des grands événements nationaux. Pendant la Révolution Française, elle porta temporairement le nom d’Évry-la-Montagne. Au 19e siècle, le village était surtout agricole, avec des terres réparties entre quelques familles et des paysans. Les hameaux comme Vernelle (ancien prieuré), Mardilly ou Trembleceaux témoignent de cette vie rurale, où les cultures de céréales et de vignes dominaient.
> Née en 1972 de la fusion entre Évry-les-Châteaux et Grégy-sur-Yerre, la commune actuelle puise donc ses racines dans un passé médiéval.
#VISAGES D’HISTOIRE
> Seigneur local, Jean d’Évry accompagna Saint-Louis lors de la septième croisade en 1270. Son nom figure parmi les chevaliers d’Île-de-France qui prirent la croix sous la bannière royale, premier visage connu de l’histoire évryenne.
> Dernière grande famille à avoir possédé la seigneurie d’Évry, Étienne Brunet de Raincy fut inhumé en 1717 dans l’église du village. Sa lignée, qui détenait à elle seule les deux tiers du territoire, marqua durablement la vie locale. La famille porta ensuite le titre de marquis.
> L’un des architectes et décorateurs d’intérieur les plus influents du tournant du 20e siècle, l’Américain Ogden Codman Jr., choisit le château de Grégy comme retraite définitive en 1920, y vivant jusqu’à sa mort en 1951. Ce même Codman avait coécrit avec Edith Wharton « The Decoration of Houses », bible du design anglo-saxon, une œuvre mondiale née d’un auteur qui finit ses jours au bord de l’Yerres. Cet esthète de la « Gilded Age », adepte du style classique français et italien, laissa son empreinte sur le château en y ajoutant notamment les pavillons d’entrée.
#PATRIMOINE ET COUPS DE CŒUR
> Le Pont des Romains, ainsi nommé parce que l’ancienne voie royale de Paris à Sens, surnommée le « Vieux Pavé », empruntait ce passage pour franchir l’Yerres, est aujourd’hui isolé en pleine campagne, vestige silencieux d’un grand itinéraire historique. Il est, lui aussi, inscrit aux Monuments Historiques.
> Construit en grès et en briques au 16e siècle, flanqué de quatre tourelles, le château pittoresque d’Évry-les-Châteaux, aujourd’hui propriété privée, domine le coteau. Son église attenante, dont le chœur et la tour remontent aux 12e et 13e siècles, témoigne de la longue histoire seigneuriale du lieu. La chapelle de famille des Brunet, couronnée d’un clocheton élégant, complète l’ensemble.
> Édifié en 1620 par Antoine de Brennes, remanié au début du 19e siècle par Antoine de Clairambault qui y ajouta des ailes reliant l’ancienne tour d’église au corps central, le château de Grégy borde l’Yerres dans un cadre verdoyant. Aujourd’hui propriété privée, il est visible depuis la rive par le Pont Saint-Pierre, monument de la fin du 16e – début 17e siècle inscrit aux Monuments Historiques depuis 2001.
> Le Prieuré de Vernelle a été fondé au 12e ou 13e siècle dans un vallon sur la rive gauche de l’Yerres. Ce petit monastère jouissait de privilèges importants malgré ses dimensions modestes. Il subsiste aujourd’hui sous la forme d’un ensemble comprenant une ferme, un calvaire, une tour ronde et une chapelle et accueille désormais des réceptions et événements dans un cadre chargé d’histoire.
> Ni fleuve ni torrent, l’Yerres est une rivière calme qui prend sa source en Seine-et-Marne, traverse prairies et coteaux briards sur près de 100 kilomètres avant de rejoindre la Seine à Villeneuve-Saint-Georges (94). Elle traverse la commune d’Évry-Grégy-sur-Yerres. Sur ce tronçon, ses berges préservées permettent de longer à pied prairies et boisements caractéristiques de la vallée briarde. La rivière a historiquement alimenté plusieurs moulins dans ce secteur, dont certains vestiges subsistent le long du cours d’eau. Aujourd’hui, la vallée de l’Yerres est reconnue comme un espace naturel d’intérêt régional, offrant aux habitants un accès direct à la nature à deux pas du village.
#LE SAVIEZ-VOUS ?
Une tradition locale rapportée au XIXe siècle raconte que César ou son lieutenant Labienus aurait traversé le secteur lors de la conquête des Gaules. Les soldats, manquant de vivres, auraient exprimé leur détresse par le mot latin esurio (“j’ai faim”). Cette étymologie populaire, aujourd’hui considérée comme légendaire, ne repose cependant sur aucun fondement historique.
Langues parlées
- Français
Complément accueil
Type
Institutions administratives
Type détaillé
- Mairie
Toute l’année le lundi et vendredi de 9h à 12h et de 13h30 à 17h30. Le mardi, mercredi, jeudi et samedi de 9h à 12h. Fermé le dimanche et jours fériés.
Mis à jour le 02/07/2026
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